Jeudi 5 juillet 2007
Publié dans : Vu d'Europe
Thierry CORNILLET (UDF, France), rapporteur permanent du Parlement européen pour l'aide humanitaire, a participé avec 4 autres membres de la
commission du Développement (DEVE) à une mission au Darfour du 1er au 4 juillet. Ce fut l'occasion de se rendre sur le terrain avec les ONG pour constater que si la situation sur le plan
strictement alimentaire et sanitaire s'est stabilisée dans les camps de regroupement, il n'en est pas de même dans les villages retirés, souvent inaccessibles à l'aide humanitaire du fait de
l'insécurité de toute la zone.
"Le Darfour est de plus en plus la proie du banditisme de grand chemin qui se pare du pseudo alibi de "rébellion politique" alors qu'en fait les
partis politique se fragmentent à l'infini en factions qui agissent pour leur propre compte", remarque Thierry Cornillet qui a comptabilisé pas moins de18 factions armées. Dans ce contexte la
délégation parlementaire a dénoncé l'inaction du gouvernement soudanais, constatant que son armée et sa police n'ont pas la confiance de la population, d'autant que les milices Janjaweeds,
responsables d'exactions, ont été intégrées dans les forces gouvernementales.
"La vraie solution passe par plus de sécurité mais avec à peine 9000 hommes pour un territoire grand comme la France et deux frontières à
surveiller, l'AMIS (African Union MIssion in Sudan), qui souffre déjà d'un mandat ambigüe, n'est pas en mesure d'assurer cette fonction", poursuit M. Cornillet. Les atermoiements concernant le
déploiement de la future force de paix UA-ONU, qui interviendra au mieux dans les 6 à 9 mois, conforte l'inaction gouvernementale, comme l'a implicitement reconnu le Secrétaire d'Etat aux
Affaires étrangères soudanais, Khartoum ne sentant pas s'exercer la pression internationale.
"Naturellement", convient Thierry Cornillet, "l'aide humanitaire continuera mais les autorités doivent bien entendre deux messages clairs.
D'abord cette aide n'a pas vocation à augmenter car il s'agit déjà de la plus grande opération humanitaire jamais menée, qui absorbe 362 millions d'euros depuis 2004, soit 1/6ème du budget
d'ECHO. Ensuite, il faut avoir conscience qu'elle ne durera pas éternellement", avertit le rapporteur permanent pour l'Aide humanitaire. "La solution est entre les mains du gouvernement soudanais
qui ne peut pas toujours se reposer sur la communauté internationale pour nourrir sa population et assurer la sécurité dans son territoire national", insiste Thierry Cornillet qui souligne que
les parties d'opposition et la société civile appellent à la tenue d'une conférence nationale sur le Darfour (convoquée par l'ONU).
Cette mission donnera lieu à une résolution commune, que Thierry Cornillet défendra lors de la session plénière, la semaine prochaine à
Strasbourg.