Qu'est-ce que la démocratie? à l'heure où le président Sarkozy invite l'UMP à organiser les listes pour les municipales en s'ouvrant aux autres mouvements politiques, la question de la
démocratie très clairement posée. En effet, on observera qu'au cours des dernières semaines le thème de la démocratie participative est passé à la trappe. Il n'en est plus question nulle part et
nous sommes passés à une véritable démocratie d'opinion où seuls les sondages tiennent lieu de forums de débat public.
Reste donc la démocratie représentative, c'est précisément celle-ci qui, progressivement, est vidée de son contenu. En effet, l'ouverture telle qu'elle est pratiquée, est en réalité un
instrument de destruction massive de la démocratie représentative. La démocratie représentative a pour mission de permettre la représentation des différentes familles politiques. Le scrutin
électoral tel qu'il existe en France a pour effet de réduire massivement la représentation des familles politiques nouvelles en sur-représentant les grands partis. En réalité, à
l'Assemblée Nationale aujourd'hui, il n'existe que l'UMP et le PS. La politique actuellement poursuivie a pour objet de détruire dans l'opinion publique la capacité de représentation l'opposition
PS, puisque, en ayant pioché dans le réservoir du PS quelque figures de proue, le président de la république accrédite la thèse que l'opposition est représentée au sein de sa majorité.
Dans ces conditions, il y a évidemment plus besoin d'opposition !
Ainsi, le système actuel conduit à la destruction de la démocratie participative via le sondage tous azimuts et la démocratie représentative via « l'ouverture » généralisée.
Or, le sens d'une démocratie est de disposer d'un pouvoir et un contre-pouvoir. Or, il ne peut y avoir contre-pouvoir au sein du pouvoir faute de quoi il n'y a en réalité plus contre-pouvoir.
C'est précisément ce qu'essaye d'instaurer le président de république, ce qui constitue un véritable danger pour la démocratie.
Il ne s'agit évidemment pas de totalitarisme au sens historique du terme mais, de la mise en place d'un consensus mou qui , grâce à une faiblesse croissante de l'esprit critique de la presse,
voire même de sa mission première d'information, laisse supposer que la dimension constructive du contre-pouvoir est devenue inutile.
Il va de soi qu'un tel système n'est pas durable et que l'objectif, dans la construction du Modem doit très précisément être celui de la construction d'une réflexion indépendante, a priori ni
pour ni contre le pouvoir en place mais capable précisément de constituer ce contre-pouvoir dont qu'une démocratie ne saurait se passer sous peine de risquer de voir le couvercle de la
marmite lui exploser en pleine figure
publié le 20 juillet 2007 sur le
blog de Corinne Lepage