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SEIGNOSSE (AFP) — François Bayrou, qui réunit les adhérents de l'UDF-MoDem à Seignosse (Landes), veut que son nouveau parti présente des listes autonomes "partout où cela sera possible" aux municipales, mais ne s'interdit rien en termes d'alliances locales, avec l'UMP ou le PS.
"Notre objectif est la présence la plus large possible", a indiqué devant la presse le député des Pyrénées-Atlantiques, qui "réfléchit" lui-même à une candidature à Pau.
Mais dans cette "ligne générale d'autonomie", il y a "des cas" où des alliances sont possibles avant même le premier tour, avec la droite ou la gauche. "Pour moi, rien n'est fermé".
"Je défendrai tant que je le pourrai l'idée de majorités locales ouvertes et de rassemblement", affirme le troisième homme de la présidentielle (18,57%), pour qui "les grands courants démocratiques doivent apprendre à travailler ensemble".
"Nous avons un principe de présence au premier tour, autour de listes autonomes ouvertes à toutes les sensibilités", précise Eric Azière, chargé des élections à l'UDF-MoDem. "Après, on verra en fonction des situations locales, sans aucune stratégie d'alliance préconçue au sens national du terme, et sans blocage idéologique".
Une stratégie qui inquiète certains membres du MoDem issus de l'UDF, comme Didier Bariani.
Craignant que le MoDem n'apparaisse comme "une addition d'intérêts dans chaque ville", l'ancien ministre demande "une trame de comportement". Une "philosophie générale" doit transparaître, sinon le MoDem va être "taxé d'opportunisme", prévient-il.
M. Azière assure que le Mouvement démocrate va s'attacher à trouver une "cohérence" dans les grandes agglomérations, par exemple Paris où la députée européenne Marielle de Sarnez va porter les couleurs du MoDem face à Françoise de Panafieu (UMP) et Bertrand Delanoë (PS).
Alors que les listes Modem à Paris sont créditées de 8% dans un sondage Ifop, Mme de Sarnez se montre optimiste. "Nous avons une bonne marge de progression. La campagne, ça sert à ça", dit-elle, forte des 12% réalisés à Paris "dans des moments difficiles" comme les législatives (7,61% au niveau national).
Outre Paris, le MoDem devrait également être présent au premier tour à Lyon avec comme tête de liste l'ex-députée Anne-Marie Comparini. A Marseille, le député européen Jean-Luc Bennahmias (ex-Verts) se dit "candidat à la candidature".
Le MoDem devrait également présenter des listes à Lille, Grenoble, Saint-Etienne, Besançon, Poitiers...
Bordeaux fait partie des nombreuses villes où le parti centriste n'a pas encore révélé --ou arrêté-- son choix. François Bayrou a déjeuné jeudi avec le maire UMP Alain Juppé, pour lequel il dit fréquemment avoir de l'"estime".
"Je ne suis a priori pas hostile à son endroit, je vais en parler avec les adhérents", dit M. Bayrou.
L'UDF-MoDem s'amuse de se voir courtisée par les deux bords. Mais "nous n'avons pas été la force d'appoint de la droite pendant trente ans pour devenir maintenant celle de la gauche", souligne Mme de Sarnez.
Selon M. Azière, l'UDF comptait au total 800 maires en 2001. Depuis sont intervenues la création de l'UMP en 2002 et celle du Nouveau Centre par les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle.
Dans les villes de "plus de 9.500 habitants", "une soixantaine de maires sont restés MoDem", précise le conseiller de Paris.