Mercredi 19 septembre 2007
Publié dans : Vu d'Europe
L'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe accueille positivement le paquet "Energie" présenté aujourd'hui par la Commission
européenne, considérant que les différentes propositions avancées peuvent permettre un bon fonctionnement du marché intérieur de l'énergie.
Reste que la négociation s'annonce difficile. La Commission européenne privilégie ainsi l'option de la séparation patrimoniale (unbundling) pour
assurer un accès non discriminé au réseau de transport. "Les expériences précédentes menées dans le secteur des télécommunications, reposant sur une séparation effective des fournisseurs de
service et des opérateurs de réseau, ont apporté des avantages considérables en permettant aux nouveaux entrants sur le marché de concurrencer les monopoles existants, ce qui a amélioré le choix
et la qualité du service au consommateur," estime Graham WATSON, président de l'ADLE. "Notre objectif est la compétitivité du marché énergétique. Une séparation effective des activités
patrimoniales - qu'elle soit structurelle ou opérée par des acteurs indépendants - est essentielle pour assurer la pleine transparence de l'information et un accès non discriminatoire. Sinon,
nous nous priverons d'un marché de l'énergie véritablement européen et encouragerons la protection des champions nationaux", ajoute-t-il.
Pour Anne LAPERROUZE (UDF, France), présidente du groupe de travail de l'ADLE sur l'énergie,
"ce troisième paquet peut être comparé à un triptyque: des entreprises en concurrence, des gestionnaires de réseau de transport et des
régulateurs du marché, dont les relations ainsi organisées vont profiter au consommateur qu'il soit particulier ou industriel".
Au delà des interrogations sur l'unbundling, Mme Laperrouze pointe une autre question pendante: "Les Etats membres sont-ils prêts à laisser aux
régulateurs l'indépendance dont ils ont besoin ?" Par ailleurs elle estime qu'"il sera intéressant de connaître les arguments de ceux qui s'opposeront à la légitime volonté de la Commission de
restreindre l'achat d'entreprises énergétiques par des capitaux non européens ou par des capitaux jugés trop spéculatifs".
"Dans ce cadre, le Parlement européen aura un rôle déterminant à jouer : défendre une politique énergétique au profit de tous les consommateurs
particuliers et industriels, une politique européenne devenue stratégique," fait valoir Mme Laperrouze. "Nous devons construire une politique européenne de l'énergie sans aucun dogmatisme à
l'esprit si ce n'est celui de l'efficience", conclut-elle.